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Extraits
de l'abécédaire |
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Z comme Zazie dans le
M2
Avec le métro M2, l’Etat a consenti
un investissement considérable en période de difficultés
financières. Alors que le budget de l’Etat chatouille
l’équilibre, de nouveaux moyens nous autorisent à
investir pour l’avenir. Catalogue des domaines qui devraient
être prioritaires dans la prochaine législature.
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Y comme yaka-faucon
En raison de la disparition des diligences,
la mouche du coche est en voie d’extinction. Or, la nature
a horreur du vide. Voilà pourquoi un nouveau volatile la
remplace dans cette niche écologique. Le yaka-faucon commence
à pulluler. Drôle d’oiseau.
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X comme xénophiles
Vaudois
Antique carrefour, le canton de Vaud développe
son ouverture d’esprit. Il se montre accueillant. Les étrangers
établis le lui rendent bien: ils se fondent dans le paysage
en enrichissant culturellement les Vaudois. La question de l’intégration,
si aiguë ailleurs, ne constitue pas pour l’heure un grave
problème.
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W comme watts
Le défi de l’énergie est
mondial. La crise du pétrole bouronne. Il est tentant d’attendre
une solution proposée par de plus grands et de mieux armés
que nous. Il n’en est pas moins urgent de maîtriser
sur notre plan local notre consommation.
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V comme une vie en plus
D’ici vingt ans, le
Canton de Vaud devra créer au moins 400 lits supplémentaires
dans les établissements médico-sociaux. Une place,
c’est environ 100'000 francs par an. Il conviendrait donc
de trouver 40 millions de financement supplémentaire.
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U comme unité du
canton
Economiquement, Vaud se tourne vers le Léman.
La population, la richesse et les investissements s’y concentrent
au détriment des régions périphériques.
Une évolution contre laquelle se bat le Canton et contre
laquelle il devra continuer à lutter, avec l’aide des
principaux intéressés. Sans quoi, la déchirure
menace.
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T comme tribu
Malgré les apparences, la famille devient
primordiale. Elle est le contrepoids le plus solide au triomphe
de l’individualisme. Le nouveau contrat social devra se baser
sur l’importance que les parents accordent à leurs
enfants et les enfants à leurs parents. Sur ce lien repose
l’avenir de la cohésion sociale.
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S comme sécurités
au pluriel
Le discours sécuritaire
fait florès. Oui, la police et la justice sont indispensables.
Mais si bien dotées soient-elles, elles restent largement
insuffisantes à garantir la sécurité. Celui
qui ouvre une porte d’école ferme une prison, affirmait
Victor Hugo. L’avenir lui a donné raison. Pour que
la sécurité soit optimale, il faut que tous y trouvent
leur intérêt.
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R comme racines
«Lorsque tu ne sais plus où tu vas,
regarde d’où tu viens ». Ce proverbe africain
rend hommage à l’intelligence de ceux qui nous ont
précédés. Absurde de reproduire les actions
passées, mais indispensable de s’inspirer des valeurs
et des méthodes de nos devanciers. Pour ma part, je ne cache
pas mon admiration pour nombre d’hommes politiques d’autrefois.
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Q comme qualité
de vie
Les habitants du canton
bénéficient globalement d’une excellente qualité
de vie. S’il est toujours possible de l’améliorer,
il importe surtout de la préserver. Elle n’est pas
acquise, mais doit être conquise à chaque instant.
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P comme politique des petits
pas
Plutôt que de grandes réformes ou des
plans d’économies brutaux, il vaut mieux multiplier
les ajustements et les mesures ponctuelles. Il apparaît en
effet que cette manière de procéder pour un exécutif
cantonal est plus économique, plus efficace et plus conforme
à notre culture politique.
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O comme obligatoire, l’école
L’école obligatoire constitue pour
chaque individu la chance première. C’est aussi pour
le canton le maillon le plus important de la chaîne qui lui
garantit un avenir.
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N comme non, non et oui
Être chef du département
des finances dans un canton où la dette par habitant dépasse
11’000 francs implique un devoir désagréable.
Constamment, je suis confronté à de nouveaux projets.
La plupart sont pertinents. Je les renvoie bien souvent à
des temps meilleurs.
Equilibrer un budget cantonal n’implique
pas seulement des mesures d’économies et la recherche
de nouvelles recettes. Ce chemin impose d’abord des renoncements.
En effet, chaque investissement entraîne à terme des
dépenses de fonctionnement. Le département des finances
vaudois ne compte plus les projets renvoyés au cours de ces
dernières années. Jamais la devise « gouverner,
c’est choisir » ne s’est appliquée avec
tant d’acuité !
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M comme médias dans
l'immédiat
Un conseiller d’Etat
ne peut guère se plaindre : les médias lui fournissent
de multiples occasions d’exprimer ses points de vue. Toutefois,
par la nécessité de vivre dans l’immédiat,
ils ont tendance à occulter le travail de fonds pour se concentrer
sur le spectaculaire.
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L comme laissés pour
compte
Si la tendance actuelle se poursuit, l’Etat
de Vaud consacrera bientôt un quart de ses dépenses
à la prévoyance sociale. L’augmentation du nombre
de bénéficiaires met en danger les investissements
porteurs d’avenir et d’espoir. Une meilleure réinsertion
dans le monde du travail serait profitable à la société
comme aux assistés.
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K comme kilos en trop
Les campagnes de prévention en matière
de santé ressemblent à la promotion économique.
Ses effets sont très difficiles à évaluer.
Que se serait-il passé si elles n’existaient pas ?
En général, il est impossible de répondre globalement
et avec des chiffres. Il n’en est pas moins indispensable
de les conduire.
S’il apparaît clairement que la liberté
et la responsabilité individuelles doivent primer, l’Etat
a son mot à dire et ses encouragements à prodiguer.
L’Etat a un devoir d’information.
Il doit prévenir ses administrés des dangers avérés,
afin que ceux-ci les affrontent ou les évitent en toute connaissance
de cause.
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J comme Jura sur un balcon
Sainte-Croix constitue une émanation
du Canton de Vaud. Le Balcon du Jura fait à la fois figure
de précurseur et d’exception.
Vivant depuis toujours à Sainte-Croix, j’ai été
marqué par les fermetures d’usines, par le gaspillage
subit et -pour l’enfant que j’étais- inexplicable
du savoir-faire extraordinaire des ouvriers de précision.
Cette région a réussi le mélange d’une
population enracinée vieillissante et d’un carrefour
de nationalités. Par certains aspects, Sainte-Croix est emblématique
du Canton de Vaud ; par d’autres, ma commune a un caractère
d’exception.
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I comme Interdit
A propos de la cigarette dans les lieux publics,
le dessinateur de presse Mix&Remix estime que les fumeurs n’ont
aucune chance puisque 30% des humains aiment fumer et que 100% d’entre
eux aiment interdire. Bien vu.
Vivre ensemble implique un savant mélange
de respect et de tolérance. Ne pas importuner et supporter
de l’être. C’est une définition de la «
civilité » et de l’ « urbanité ».
Si l’homme politique peut intervenir par la formation et la
prévention, c’est d’abord à chaque individu
et à chaque parent qui compose la société de
jouer son rôle; à chaque individu qui aspire à
ce qu’il fasse toujours bon vivre dans notre collectivité.
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H comme
Hautes Ecoles
L’avenir de notre économie et celui de nos enfants
passent par la formation. Vaud possède un réseau de
hautes écoles d’une rare qualité. Il appartient
aussi à l’Etat de favoriser l’esprit d’entreprise
qui transforme les idées en emplois et en créations
de richesses. |
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G comme
gouvernement
Un gouvernement de concordance plutôt qu'un
gouvernement d'alternance. Le génie helvétique a imposé
la collégialité. C'est-à-dire la coexistence
pacifique et constructive de personnes émanant de partis
différents. L'avènement de la politique spectacle
menace cette particularité qui a pourtant fait ses preuves.
Avec ses contrastes géographiques, économiques,
linguistiques, culturels et confessionnels, la Suisse aurait dû
éclater depuis fort longtemps. Au profit de ses voisins.
Pourtant les forces centrifuges sont quasiment inexistantes. La
clef de ce paradoxe ? La concordance qui à tous les
niveaux intègre les minoritaires dans les processus décisionnels.
Le système collégial du gouvernement vaudois fait
partie intégrante de cette logique.
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F
comme fédéralisme
Caisse maladie unique, loi
unique sur les chiens, allocations familiales uniques, plan d'études
unique, bourse d'étude unique, instruction pénale
unique, diplômes universitaires uniques. Qui osera proposer
le Canton unique ? L'uniformisation avance tapie sous le vocable
d'harmonisation. Elle met en danger la cohésion fédérale.
Elle pourrait bien faire éclater le pays.
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E comme
écologie
Exemple typique : des oranges
sont cultivées et cueillies en Grèce, pressées
et conditionnées en Allemagne. Le jus est exporté et
consommé en Grèce. Le prix de revient de l'orange ne
constitue qu'une fraction de son prix de vente où intervient
d'abord le coût de l'essence brûlée en vain. Une
absurdité écologique.
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D comme dette
Il m'a toujours paru injuste de
reprocher au seul chef des finances la dette et les déficits
d'une collectivité publique. De même, des comptes positifs
doivent être portés au crédit de tous ceux qui
ont contribué à atteindre un tel résultat :
le Conseil d'Etat vaudois et une majorité des députés
du Grand Conseil sont parvenus, en dépassant les clivages,
à casser la spirale des déficits et de l'augmentation
de la dette.
Il y a quelque chose d'ingrat pour un gouvernement
d'assainir des finances malades. Les Vaudois attendent de l'Etat
des prestations performantes à un coût modéré.
Ils n'attachent qu'une attention furtive à la dette de leur
canton, alors qu'elle constitue un souci constant pour l'exécutif
cantonal.
Si la dette, qui a failli dépasser les 10
milliards, a baissé en dessous de 7 milliards, elle reste
trop haute ; les 20,8 millions d'intérêts payés
par le canton chaque mois aux instituts de crédit seraient
sans doute plus utiles ailleurs.
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C comme crise
économique
Les cycles conjoncturels deviennent rapides et imprévisibles.
Un battement d'aile de papillon en Extrême Orient entraîne
une crise dans le canton de Vaud.
En 10 ans, plusieurs dizaines de milliers d'emplois
furent créés ; autant disparaissaient. En 2005,
Vaud offre 247'0000 plein temps (secteurs secondaire et tertiaire)
contre 240'0000 en 1995. Cette stagnation ne permet pas de répondre
à l'accroissement naturel de la population active. Toutefois,
le Canton de Vaud retrouve son souffle économique.
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B comme bombe
à retardement
Dans le canton de Vaud comme dans d'autres régions,
la solidarité s'exerce sur une proportion grandissante de
la population, tandis que la part des contributeurs diminue. A terme,
cette évolution menace le contrat social. Chacun doit accepter
de contribuer dans la mesure de ses moyens à ce système
de solidarité. Il faut toutefois que la charge reste supportable.
Or, l'évolution de notre société implique que
la proportion de contributeurs diminue tandis que celle des bénéficiaires
augmente. Le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale
croît de manière considérable. + 12% rien qu'en
2005. Et puis la population vieillit. Dans ses dernières
années de vie un Suisse coûte dix fois plus cher en
frais de santé et 80% des résidents vaudois en établissements
médico-sociaux bénéficient de l'aide de l'Etat.
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A
comme avenir
Le
Canton de Vaud change. Une population de plus en plus hétérogène,
de plus en plus importante, de plus en plus en plus vieille. Une
économie qui s'adapte. Des valeurs et des références
nouvelles. L'autorité politique ne préside pas au
changement. Elle l'accompagne; il lui appartient d'éviter
que l'évolution ne devienne révolution.
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